La nuit est tombée depuis longtemps, tout le monde est partit, ceux qui restent dorment à l'heure qu'il est. Les étoiles sont sorties. Elles sont bien les seules. J'ai trouvé Cassiopé, en haut dans le ciel, à coté d'un avion clignotant, comme si le ciel me faisait un clin d'oeil, comme s'il me narguait de son perchoir, là où il sait tout sur tout, où il nous regarde en s'marrant, en s'disant que plus on s'arrache de cheveux, plus ils marquent de points, eux. Mais j'ai peur de rester dehors dans le noir. J'ai peur de m'asseoir par terre pour regarder le ciel, toute seule. J'aimerais, mais j'ai peur. Ce serait bien pourtant. De s'endormir, mourrant de froid, de se réveiller, trempée, pas plus réchauffée. Comme il y a longtemps, où couchés dans le sable, on avait tous peur du vide, où on s'était fait agresser par la lune.
"C'est sur une lettre que tu as marqué - Tu m'gaves, on se reverra peut être."
Je ne tiens pas le fil. Je me perds, je divague. Je m'en fous. De toi. De tout. Et ça se voit. Je rigole quand on me dit que c'est dangereux. Et tant pis. Ce sera finit. Je me lève le matin pour me recoucher le soir. Je n'ai rien à attendre. Plus rien à espérer. Je ne me lève pour rien. Je ne me couche pas pour quoi que ce soit d'autre. Je n'espère rien. Tout est fade, la bouche sèche. De trop parler. Comme si de rien n'était. Au présent, pour se reprendre et se forcer à le faire au passé, la voix tremblante. Non, ne me parlez pas d'après. De ce que je veux faire plus tard. J'n'ai plus d'idées. On me les a toutes volées. J'en cherche de nouvelles. Des rêves, différents, plus inaccessibles qu'avant. Il me semble. Peut être n'ai je pas la bonne notion du terme. Tout simplement. Je veux prendre le temps. D'être allongée les yeux ouverts, fixer la peinture blanche. Avoir le temps de ne pas réfléchir. Avoir la chance de ne pas avoir d'après. De ne pas devoir inscrire sur une feuille, ce que je n'atteindrais jamais. Et si on retournait plusieurs années en arrières, lorsqu'on ne savait pas encore ce que c'était qu'être heureux, lorsqu'on n'était pas amoureux, lorsqu'on se contentait de ce qu'on avait. Pas grand chose. Mais lorsque ça nous suffisait.
"C'était une jolie fille en fleur avec un sourire joyeux. A vous mettre la bouche en coeur. A vous briser le coeur en deux."
Je ne veux pas me reconnaître. Commencer autre chose ailleurs. Sans comparaison. Sans rapport. Voir ce que c'est que leur vie, de drague, de gens de passage, d'éphémère. L'absence de promesse. La vie sans lendemain. A ne partager avec personne. A vivre seul. Sans attentes, sans conséquence, sans erreurs, sans pardon. Sans saveurs. Je ne me lève pas demain matin.